Le soleil avait oublié comment briller. Jour aprés jour la pluie succédait à la pluie, comme si le gris était la seule couleur que la nature pouvait transcrire : Les arbres étaient nus, les fleurs inéxistantes et même celles qui se succédaient devant la dévanture de magasins me paraissaient fausses, fades, menteuses...
Depuis quelques jours le rouge était devenu la couleur primordiale de la ville : Des nappes, des kilométres de papier crépon, des ballons; tout laissait entendre que l'on voulait lutter contre la tristesse de l'hiver. Puis, en s'y atardant, on distinguait des coeurs, des noeuds de papillon, des cartes par milliers - tant d'artifices pour si peu-. Si peu connaissaient la véritable signification d'une si mauvaise interprétation de l'histoire : Comment la mort d'un prêtre qui, contre sa religion, était tombé fou amoureux lui valent une dizaine d efléches dans le corps, pouvait se transmettre par une overdose de fleurs artificelles, gourmandises fades et ds métaux façonnés pour briller de mille éclats.
Je ne dis pas que j'avais fait mieu, loin de là : moi aussi j'avais porté ce sourire béat devant un bouquet de roses, mais mon souvenir était distant, changéant. Je n'aimais pas les clichés, je préférais chercher une véritable raison de célebrer l'Amour plutôt que de me façonnes a cette vision capitaliste et superficielle d'une et unique identité amoureuse. Ce temps me semblait si lointain et pourtant si proche... mes souvenirs étaient la seule trace de cette époque resolue et que malgré moi j'avais imprisonné en haut d emona rmoire dans une boîte à chaussure : j'y avait mis ses lettres, ses photos et mon coeur. Peu importait ce qu'on était devenu, je savais que je pouvais aimer, que j'avais cette capacité en moi, c epouvoir de faire passer un autre avant moi. Sensation que j'avais oublié... le célibat m'avait rendu égoïste, égocentrique, mais je n'oubliais pas que malgré tout, dans un temps pas si lointain, je ne vivais que pour lui... temps resolu que je voulais oublier, temps resolu qui ne reviendra jamais. Je m'en rendais compte tous les jours, mais je me défendait en me disant que si en aimant on laisse tomber les armes, et quand on s'y attend le moins onnous poignarde dans le dos, alors pourquoi chercher en autrui ce que l'on pourrait trouver en soi-même ?



